Prétexte (prémonitoire, malheureusement pas) à écrire tellement de fois le verbe écrire.

Si je savais écrire, j’écrirais ce que je ne peux pas vivre, ce qui est hors de propos, hors de ma vie.

Ce serait l’occasion de proposer un angle de vue à des faits non avérés ailleurs que dans mon cerveau.

Des faits ou des non-faits, des existants inconnus de moi et qui surgiraient comme ça.

Je pourrais aussi poser des phrases, des syntagmes (j’aime bien ce mot qui fait un peu, tout petit peu savant pour représenter une association toute simple) seulement pour l’esthétique, ouais, ça me plairait.

Après quelques relectures j’y verrais peut-être une interprétation, un sens malgré lui, malgré eux, mais rien n’est certain.

Je verrais naitre des personnages qui -selon l’expression consacrée et qui me paraît fantasmée- « évolueraient pour leur propre compte » (ils évoluent pour le compte de celui qui écrit, un peu mais pas tant que ça à son insu, non?).

Il s’en trouverait bien un pour venir m’apparaitre dans la réalité, tiens.

Des situations, des lieux, des ressentis, des voyages, des objets s’assembleraient, se croiseraient, s’éviteraient, se percuteraient. Je ne connaitrais d’origine qu’à peu d’entre eux, je ne chercherais pas à savoir pourquoi telle ou telle situation/action/relation serait née, je m’en foutrais.

Entre mon cerveau et ce qui serait publié, dans cet espace immense tout serait possible, les affres de la mère d’un psychopathe meurtrier comme trois mots sur la poussière dans un rai de lumière, comme le feu tricolore du bout de la rue.

Je ne me servirais pas de l’écriture pour guérir, pour dénoncer quelque chose en première intention, j’écrirais parce-que c’est ce qui me serait le plus nécessaire et évident, agréable, parce-que c’est ce que je ferais de mieux et que les lecteurs (donc au moins deux, sans me compter) apprécieraient.

Mais en même temps, je réfléchirais parfois longtemps sur la meilleure forme pour interpeler sur des points très particuliers de l’actualité (au sens d’évènements actuels), sur des réalités rencontrées, j’aurais très en amont des petites listes de choses à faire passer, des idées à défendre, des mises en lumière. Le fait d’écrire ne pourrait pas me guérir, ça me maintiendrait en vie.

Donc si je savais écrire, c’est que je saurais des choses sur le monde qui m’entoure, que je le comprendrais mieux que je ne le comprends maintenant.

Si je savais écrire j’aurais conscience de la fragilité des textes, de leur faible chance de toucher quiconque, de trouver leur caisse de résonance. Mais comme je serais lue, il m’arriverait de m’émerveiller parce-que quelqu’un me dirait « j’ai lu ça de vous » ou « j’ai aimé ou pas aimé pour ceci ou cela ». Chaque fois qu’on aurait un avis sur ce que j’aurais écrit, ça serait ça de pris, ça de gagné. J’apprendrais beaucoup de ces retours.

Tout autant que par l’incapacité que j’ai à délivrer un texte qui tienne debout tout seul, c’est probablement aussi par ces représentations de l’écrivain qu’on sait que je n’en suis pas un.

Si je savais écrire, j’écrirais un roman sur quelqu’un qui ne sait pas écrire, par solidarité avec moi-même.

J’écrirais des romans, j’écrirais des textes courts et puissants, j’écrirais tout (et n’importe quoi, mais j’essaierais de ne pas « crire n’importe comment), j’aurais enfin l’utilité de ce cerveau qui écrit seul quand on ne lui demande rien (et qui écrit peu et mal quand on le lui demande).

Quand je mesure les mutations actuelles dans ce secteur, la littérature, je me demande si ce n’est pas une chance de n’être pas capable d’être écrivain. Mais je crois bien que définitivement non, ce n’est pas une chance.

C’est clairement différent d’être publié aujourd’hui de ce que ça l’était ne serait-ce qu’en 1980, et donc le métier est différent, mais c’est le cas de tous, non? Même un artisanat comme la lutherie est différent au 21ème siècle. On peut faire des choses que tellement de gens ont faites avant, rester dans une lignée, un héritage mais continuer à vivre non? La calamité, c’est de ne pas savoir écrire ou ne pas savoir écrire aujourd’hui (quand on sait écrire).

Si je savais écrire, je saurais en plus avoir du recul sur la littérature, je saurais aussi avoir de l’avance sur elle: je serais capable de travailler avec d’autres sur l’évolution de ce secteur, de préparer la suite, ça serait stimulant et j’aimerais ça.

Décidément, ça doit être bien de savoir écrire.

*hyp*novel*

ce médicament permet à un certain Manu de s’éteindre doucement sans trop physiquement souffrir.

étant informé de l’évolution de sa maladie (la fin de son évolution à lui), il a pu décider en pleine possession de ses moyens intellectuels du moment où serait débuté le protocole qui l’aiderait à aller au bout de son chemin.

ces jours-ci, il n’a pas choisi que ce soit la fin, mais la sentant s’approcher, il a pu choisir son heure, sans l’agonie douloureuse. sans avoir à courir après une prescription, sans avoir à renégocier.

il a 45 ans pour très peu de temps encore et je suis heureuse pour lui que sa mort se passe ainsi.

c’est rare, mais je suis fière de savoir qu’aujourd’hui, le système médical a réellement aidé quelqu’un, même si c’est dans la mort.

exercice “brève rencontre+1 livre”

[texte pour le blog "chevaliers des touches", as usual]

Je dois vous dire que je ne me trouve aucune circonstance atténuante et que le fait que je le reconnaisse n’allège en rien ma faute.

Je dois vous éclairer sur le motif de cette lettre publique: vous assommer de ma propre culpabilité, vous la faire partager jusqu’à ce que vous la fassiez vôtre, insidieuse et collante, vous aider à faire la part des choses dans ce que vous croyez.

J’espère que vous irez au bout de cette missive malgré les lignes ci-dessus.

Cela étant posé, écoutez l’histoire de ce crime, vous jugerez après.

Vous connaissez cette petite chapelle romane aménagée en lieu d’exposition, vous connaissez la réputation solide acquise au fil des ans grâce à la qualité des œuvres présentées.

J’y suis venue toutes les semaines depuis son ouverture, j’y ai passé des heures, j’ai même participé à tous ateliers proposés par les artistes invités ou en résidence.

Quand on a annoncé Sa venue prochaine, j’ai comme vous jubilé, sauté de joie, débouché une bouteille et patiemment revu, relu, redécouvert tout ce que je pouvais de Lui.

Et puis l’heure est arrivée. J’ai attendu toute la matinée, j’ai vu les toiles, les pièces de ses installations, le matériel audio. J’ai vu le dessous des cartes en attendant l’endroit.

J’avais en main la plaquette de cette expo, je la connaissais par cœur, j’étais entière dans son œuvre.

Quand la voiture s’est garée, j’ai tenu bon, je n’ai pas sauté comme un cabri, comme ces écervelés qui se ruaient vers Lui.

J’ai attendu. A l’entrée, j’ai bien pris le temps de remettre mon carton d’invitation à ce vernissage d’un geste calme et contenu. Je profitais du temps, j’étais, pleinement.

Chacune de mes cellules a vibré à l’unisson de ce que je prenais pour de l’art. Je me suis crue toute entière absorbée par sa création. J’ai pensé comprendre, toucher du doigt.

Je suis revenue chaque jour pendant trois semaines.

Je savais qu’il ne restait que six jours à vivre avec son œuvre, là, tout près de moi.

J’ai décidé alors de le voler, de le prendre chez moi, de garder une part de ce qui au final m’appartenait un peu. J’aurais un talisman.

Tromper ce gros neuneu à la sortie s’est montré aussi facile que prévu. J’ai posé exactement le même cahier relié, exactement à la même place, j’ai pris le temps de discuter avec big bêta , et même d’écrire ma phrasounette et je suis sortie.

Et c’est arrivé.

Il , IL était là, est venu vers moi et m’a tout de go lancé: «  ah, déjà fini? ». Son index posé sur le cahier m’a aidé à comprendre qu’il me prenait pour une employée du service culturel.

J’ai vite accroché et répondu que oui, mais que j’avais déposé le suivant, « quel succès! ».

Sa deuxième phrase fut: «  quel ramassis de conneries, quand même! Comme si ces crétins qui se fendent d’un bravo comprennent quelque chose à ce qu’ils ont vu!  Ah, ah, ah! ».

Et Il est entré.

Et je suis revenue, le dernier jour, et toute mon encre de sérigraphie y est passée. J’ai consciencieusement conchié chacune de ses bouses d’un élégant petit pschitt de bleu, ou de vert, ou de rouge. Du primaire pour un primaire. Pas un primitif, ce serait trop d ’honneur.

Jamais un livre d’or n’aura aussi bien porté son nom. Sans son vol…



ich möchte gern

(titre germain pour me la péter multilingue) (polyglotte, si je veux)

J’ai envie de partir faire un grand tour des grandes villes européennes, je dormirais une nuit entière avant de partir pendant laquelle se chargerait dans ma mémoire tout un tas de précisions historiques, culturelles, architecturales, humaines qui me permettraient de profiter à fond de chaque heure passée lors de ce périple.

Je voudrais bien avoir un corps presque de rêve, tonique et tout en rondeurs à la fois. Je n’aurais rien à faire pour, ça serait comme ça, “je n’y pourrais rien je n’y serais pour rien”.

Je voudrais vivre plusieurs vies simultanément, mais en étant uniquement moi-même; une sorte de démultiplication  dans des espaces-temps différents. Il faut impérativement que dans ces vies qui s’ignorent l’une l’autre, je puisse à un moment, quotidiennement, me retrouver totalement seule pour faire le point de ce qui arrive à chaque moi, en profiter pleinement (et je n’exprime pas ici toutes les expériences que je me promets de tenter…).

J’ai envie de n’avoir rien d’autre à faire au moins 4 heures par jour que lire, lire et lire, en comprenant ce que je lis, en comprenant comment c’est écrit.

J’aurais bien envie aussi du même procédé magique que pour le tour des grandes villes européennes, un truc genre science infuse, hop, une partie de ce que j’ai à assimiler récupéré d’un coup “à l’insu de mon plein gré”.

J’ai besoin de croire que ces monstres de la majorité actuelle auront besoin demain de toute leur hypocrisie et leur mauvaise foi pour parvenir à masquer leur rage de s’être fait laminer aux régionales. J”ai besoin de croire que dans ce pays, des gens ont vraiment pris conscience qu’on ne peut les laisser continuer.

Je voudrais bien être un peu moins sensible, un peu plus pragmatique, nettement plus sage et philosophe, intensément adulte. J’aimerais pouvoir prendre de la distance tout le temps. Mais je serais aussi tellement heureuse si j’étais entièrement irresponsable, légère et délirante, hors du temps et des réalités, folle mais dans la société. On n’attendrait rien de moi que de l’amour, de l’amitié, de l’affection. J’aimerais pouvoir dire qu’aujourd”hui je suis à mi-chemin de ces deux figures, j’aimerais.

le fauteuil de la 80P

Incrédulité totale de cette dame à l’écoute du diagnostic.

Son corps ne peut pas la trahir de la sorte, elle va guérir, on va la guérir.

Même incrédulité renforcée par le sentiment profond de sa solitude dans la Vérité, un mois après.

Déjà qu’on ne fait rien sur ce qui la paralyse, on devrait quand même bien éliminer ce primitif qui lui mangerait le poumon.

Un fauteuil roulant à elle, personnel, son propre fauteuil roulant? Quelle idée saugrenue, comment peut-on lui proposer un tel achat?

Mais qui pourra lui dire qu’elle en aura encore besoin dans trois mois? Hein, qui?

(Vous ne croyez pas si bien raisonner, ma bonne dame.)

Comment ne pas comprendre ce refus de faire sien un pareil avenir? Comment ne pas partager ce besoin d’inconnu, cette mise à distance d’une issue aussi fatale que proche?

Paraplégique sur un lit d’hôpital, les vertèbres griffées de pinces silencieuses, un poumon boursoufflé des mêmes cicatrices, elle voudrait rire au nez de tous ces blancs prophètes, elle voudrait qu’ils écoutent ce qu’elle a à leur dire, qu’ils comprennent qu’elle a la maitrise , toujours, encore.

Au moment de parler, c’est sa voix qui déraille, la douleur qui revient. Elle se tait et pleure.

S’il n’y a rien à avancer, elle veut bien du fauteuil. S’il est bien pour elle. Et une location?

néoligisme de la dodue #2

Une bordure de lotissement comme dans n’importe quel village d’agglo, la dodue y vient fêter l’anniversaire de sa copine et sensible à la proximité des vignes, des champs et des amandiers en fleurs dit que “c’est joli parce-que c’est pas trop villageoisé, chez C.”

degré zéro de la réflexion, mais réflexion quand même

Des questions, des idées, des absences d’idées.

Si je réfléchis bien (enfin, intensément), je crois que je n’aime pas écrire, plus maintenant; j’aimerais savoir écrire. Tant que je n’avais pas mesuré l’immense abîme entre mes élucubrations et leur mise en forme écrite, je pensais que j’aimais écrire. A ce jour, je sais surtout que je ne maitrise rien de cette technique/forme d’expression, de ce médium, de cette forme artistique. De surcroit, je n’en connais presque rien de la maitrise qu’en ont les écrivains et j’ai conscience de l’intérêt d’une telle connaissance.

A ce jour aussi, il me semble important de découvrir la langue écrite, apprendre comment certains ont posé leurs mots, apprendre à les lire.

Je ne l’ai jamais fait avant, je n’ai jamais lu comme ça.

J’aimerais avoir des journées entières à ne passer qu’à ça, et des soirées pour lire sans arrière pensée (un exemple: lire « le clan des Otori » en m’intéressant essentiellement à l’intrigue=lecture du soir, lire Nathalie Sarraute en m’intéressant à la langue et au texte=lecture du jour).

A l’époque de l’école primaire où je pondais des « textes libres » tous les jours de la semaine, où mettre en phrases était pour moi comme dessiner, courir, jouer, manger, écouter de la musique, c’est à dire quotidien, normal et totalement pas prémédité, qu’avais-je donc à écrire? Quel était mon moteur, j’y trouvais quoi à cette activité? Je ne saurais absolument pas me remettre dans cet état actuellement, alors que je peux à l’occasion parvenir à éprouver à nouveau le ressenti enfantin lors de jeux de modelage, de dessin.

C’était quoi pour moi à 6 ans, 10 ans, l’écriture? Qu’est-ce-qui faisait que je pratiquais, je me souviens seulement que j’avais plaisir à inventer des histoires, que je portais attention aux mots, à leur organisation pour « la poésie » mais peu pour la prose, que j’avais envie de donner à lire ce que je faisais.

Je jubilais chaque fois que la classe choisissait une de mes productions, alors que je ne voulais jamais qu’on lise un texte en cours d’écriture (sentiment de nudité, pudeur outragée si cela arrivait).

A quel moment tout cela a-t-il changé, quand ai-je perdu cette utilisation de l’écriture comme activité ludique de construction?

L’écriture a-t-elle toujours cette fonction chez les écrivains, quoi qu’ils écrivent?

Qu’est-ce-qui fait qu’un écrivain écrit? Peut-être est-ce sans intérêt de le savoir. Certains écrivains le savent-ils?

J’ai des choses à lire sur « pourquoi lit-on », ça m’éclairera peut-être sur pourquoi écrit-on.

J’ai la furieuse impression que c’est quand-même quand c’est devenu une activité obligatoire, au lycée que mon rapport à l’écriture a changé (cette phrase, par exemple est bien pourrie, le coup du rapport à l’écriture, c’est du tout cuit prêt à écrire, mais bon, ça colle assez avec ce que je veux exprimer). Ce qui était appelé « le français » est devenu chiant, lourd. La production écrite est devenu alimentaire, déchues les rédactions collégiennes, perdues les modestes créations.

Je n’ai pas su comprendre que l’écrit comme moyen d’exprimer des réflexions pouvait être aussi intéressant. Ça veut dire peut-être que je suis vraiment benête, tout simplement!

Mais ce qui m’a été alors demandé, le résumé/discussion, le commentaire composé (toujours évité) n’a suscité aucun intérêt; j’ai fait ce qui m’était demandé, sans conviction, dans le but d’obtenir une note utile au bac.

Et parallèlement, je n’ai presque plus rien posé par écrit (=fiction), j’ai utilisé la langue pour me débarrasser de ce qui m’encombrait, sporadiquement, « cathartiquement », « autistiquement » mais de « création » (à mon échelle), plus pendant très longtemps.

Bien sûr, il a fallu que je me serve de l’outil pour toute copie, tout mémoire, rapport de stage et tous les bazars universitaires, j’y ai même parfois pris du plaisir, c’est peut-être même là que j’ai le plus travaillé sur la langue elle-même (tellement ça me gonflait les textes chiants à lire car trop mal écrits selon mes critères d’alors). J’aimais bien me mettre dans la peau du correcteur qui devait se taper une centaine de copies (que ce soit de physiologie, de géologie ou de sociologie). J’avais envie qu’il trouve la mienne facile à lire et compréhensible (de l’ »easy correctible »?) et on retrouve là aussi l’idée de rendement, d’écrit alimentaire. Une copie agréable à lire serait une copie à bien noter (faut voir, ça a ses limites!).

C’est impressionnant de réaliser tout ce à côté de quoi j’ai pu passer dans ma vie de lectrice pourtant assidue. Je ne sais toujours pas lire mais je commence à entrevoir ce que ça pourrait être. Et par conséquent, je réalise ce que ça n’a pas été pendant tout ce temps.

Une question: ai-je raisonnablement le temps de comprendre ce qu’est la lecture, l’écriture, la littérature avant de mourir? Probablement pas, déjà parce-qu’il doit y avoir des lectures, des littératures, des écritures (tant pis, choisissons un angle), qu’il y a tellement à comprendre, tellement à lire et que je suis probablement trop ou pas assez quelque chose.

J’ai conscience d’être assez limitée dans ma compréhension du monde, pour tout dire, « y’a plus con, mais y’a quand même vachement moins naze , et en nombre». Si on ajoute à ça le manque de culture, ça plombe bien le truc.

Et pourtant, je m’acharne.

Du coup, la question du don, de l’aptitude, de « la grâce » comme dit Djian se pose (pas pour moi!). C’est évident que travailler est une base, personne n’écrit sans écrire, ils y ont tous passé du temps et de l’énergie (pulsion?). Mais on peut dire que tout le monde n’écrit pas comme Marie N’Diaye (au hasard!), certains y passent beaucoup plus de temps (et certainement beaucoup moins aussi) et ne laissent rien de lisible (je sais de quoi je parle). Je note donc une différence entre humains à ce niveau-là.

Il existe à contrario des gens qui n’ayant pas eu accès à d’autres écrits reconnus sont en mesure de donner à lire des textes littéraires d’une puissance phénoménale.

Notez que j’ai bien conscience d’avoir ici une degré de pensée proche de certains animateurs de télévision mais j’assume le fait de me poser des questions de ce type et de ne pas savoir élaborer de raisonnement plus avancé. Je suis totalement preneuse de pistes de réponse, d’éléments pour aller plus loin. Et je crois que ça sera tout pour ce soir (je vais lire…lecture du soir— qui osera la faire?).

j’aime pas brusquer les gens

mais je crois que maintenant, tu peux venir.

juré craché, n’attends pas les prochaines vacances (assurément les tiennes jusque dans leur dénomination), on a tout préparé pour toi (les primevères sont dans la cour, les bulbes aussi, il fait jour jusqu’à plus de 18 heures30).

les enfants t’ont même avancé le travail question lumière et pétales.

on est prêts.


lieux où j’ai dormi

en provenance de “tous les mots sont adultes” de François Bon (ed. Fayard), un exercice d’écriture (encore? ben ouais, et c’est pas fini).

Lieux où j’ai dormi

Usuels:
à bord du Cap Farina, entre Sète et Marseille sur la banquette de la salle à manger du capitaine, à l’arrière de la renault 16 dans un sac de couchage rouge à l’intérieur électrostatique,
dans ma chambre d’enfant dans le lit du bas de lits superposés d’où je voyais le sommier au-dessus, et le matelas bleu de mon frère; le treillis du sommier semblait bouger par illusion d’optique, comme une mer argentée dont on n’aurait vu que la trame des vagues, leur armature.
dans le petit lit dans la chambre de mes grands-parents, dans lequel il m’arrivait de me perdre malgré son étroitesse; j’en tombais parfois et continuais étrangement ma nuit à même le carrelage. petit lit avec pour fond sonore les ronflements de mes grands-parents, la vue de l’armoire à glace (reflets des lueurs de la fenêtre de la cuisine, repère temporel).
chez Marie-Pierre G., amie d’enfance, su un lit de camp bleu (alors que nous n’en n’avons pas) dans sa chambre, chez son grand-père maire d’un village du Tarn.
à l’hôtel, en France.
dans une chambre de cité universitaire, à l’étage et en rez-de-chaussée.
dans la chambre à nouveau commune à mon frère et moi, quartier des Beaux-arts à Montpellier,
dans les appartements successifs jusqu’à cette maison-ci.
sur le canapé de la rue Brochier, lumière allumée toute la nuit + ou – télé sans son.

Sportifs:
en refuge de montagne, en tente, à la belle étoile (aux Aresquiers morsure d’araignée), sur une aire d’autoroute vers Beaune sur le trajet pour la Belgique ou la Pologne, dans le camping-car de Didier, dans la Uno pendant un quart d’heure à 5 heures du matin, dans ces moches maisons à touristes de bord de mer dans les pyrénées orientales, dans cet hébergement surréaliste de Puck en Pologne, dans cet hôtel de Buenos-Aires près de Plaça de Mayo, sur ce terrain de foot de Belgique, dans le même lit qu’O. C. sur la tranche pour ne pas le toucher, à Carry-le-Rouet, à l’arrière des berlines…

Festifs:
sur la plage comme une limace, sur la plage comme quelqu’un qui s’endort sur la plage la nuit,
à Espinassous où le bzzz des mouches a un relief si particulier, au milieu d’un chemin forestier de l’Aveyron avec tapis de bruyères et un côté grillé un côté surgelé après dissipation des brumes éthyliques.

Amoureusement compatibles (il est bien question de dormir, pas forcément exclusivement mais nécessairement!):
dans la 4L F6, à l’hôtel boulevard Sakakini à Marseille, chez les parents de l’autre, sous la tente (en particulier à l’Aigoual ou en Irlande), dans les auberges de jeunesse irlandaises, sur un ferry, dans l’appartement de l’ex avec le nouveau, dans cette belle maison d’Arcachon, ici (et pas maintenant), en avion, en cité u où le lit est bien étroit, à la maternité puis à l’hôpital.

De façon irrépressible:
dans un confortable fauteuil d’une salle de congrès de Lyon (film sur la déglutition), dans le canapé à Trêts, dans l’amphithéâtre de l’ifmk de Marseille systématiquement de 13 à 14 heures le jeudi au deuxième semestre, au cinéma, à table avant migraine, en salle d’opération.

Où je n’ai pas dormi, tant pis:
dans la chambre de Viggo Mortensen, à Florence, à Prague, sur la côte de granit rose, dans le tube de l’irm, sur les rives de l’Oyapock, dans l’hôtel New-Hampshire, dans la petite maison de Port-Bail, n’importe où debout.

Où je n’ai pas dormi, tant mieux:
dans la chambre de Viggo Mortensen (si j’y avais dormi), en prison, dans la rue sous des cartons, en réanimation, à l’Elysée, à Davos.

dilemme

filer 65€ pour adhérer à l’arrepgrkp (assoc réseau de praticiens qui se bougent dans mon domaine de spécialisation professionnelle) ou les filer à publie.net ?

j’ai un petit faible…mais.